Plus riche de 2 millions d’euros, Fyteko prépare son offensive commerciale

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Plus riche de 2 millions d’euros, Fyteko prépare son offensive commerciale

La start-up Fyteko se prépare à commercialiser son biostimulant naturel. Elle vient pour ce faire d’augmenter son capital de 2 millions d’euros. D’ici 2020, elle espère notamment voir s’ouvrir l’important marché argentin.

Installée à Anderlecht depuis les fêtes de fin d’année – dans les locaux abandonnés par Bone Therapeutics, partie à Gosselies -, la start-up bruxelloise Fyteko prépare son entrée effective sur le marché.

Cette entreprise développe depuis 2014 un biostimulant naturel qui permet de protéger les graines en cas de grande sécheresse et de renforcer ainsi la résistance des plantes au stress hydrique, un peu comme le fait un vaccin. Entièrement naturel – il reproduit une molécule dont sont pourvus les végétaux -, ce biostimulant permet surtout d’accroître sensiblement les rendements agricoles dans les régions touchées par des périodes de grande sécheresse émaillées de pluies erratiques.

« Il y a sur le marché un grand nombre d’acteurs qui travaillent sur le stress hydrique des plantes. Mais nous sommes les seuls à nous y attaquer par un canal naturel », explique Guillaume Wegria, cofondateur et patron de Fyteko.

Les premiers résultats, très disparates selon les types de cultures et selon les sols, sont néanmoins probants. Des tests réalisés sur des cultures de pois en Ukraine ont permis par exemple d’établir que le Fyteko permettait d’accroître le rendement de 53%. Un gain de rendement de 75% a même été constaté sur des cultures de coton en Côte d’Ivoire.

« Plus les sols sont mauvais, plus grand est l’impact de notre produit. En Argentine par exemple, nous n’avons gagné que 2% de rendement sur un sol riche alors qu’à 20 km de là, il gagnait 35 % sur un sol sablonneux », explique Guillaume Wegria.

Le grand défi: la commercialisation

Celui-ci ne s’en cache pas, le plus gros challenge pour cette petite entreprise qui emploie aujourd’hui huit personnes, ce n’est pas la mise au point de la molécule, mais sa commercialisation. La voie se dégage lentement mais sûrement: Fyteko vient de recevoir une injection de 2 millions d’euros de capitaux frais, apportés par Innovation Fund, le fonds corporate émanant d’essenscia et spécialisé dans les initiatives innovantes en chimie et en sciences de la vie, et par un investisseur privé.

« Avec cet apport de capitaux, nous avons de quoi tenir jusqu’en 2020. C’est un tour de table assez modeste, mais nous avons toujours privilégié la croissance organique, en misant notamment sur la collaboration avec nos clients, qui dans certains cas financent les tests préalables à la commercialisation », précise Guillaume Wegria.

Cet afflux de liquidités doit en tout cas permettre d’assurer le succès commercial de la première molécule mise au point par Fyteko, pour l’instant déclinée en spray d’épandage et sous forme d’enrobage de semences. D’ici le mois de mars, l’entreprise disposera d’une unité de production pilote sur son site d’Anderlecht.

La société bruxelloise vise notamment le marché argentin, où elle a noué un partenariat avec Rizobacter, un gros distributeur de biofertilisants. De quoi lui ouvrir, d’ici l’an prochain, un marché potentiel d’un million d’hectares de soja et de maïs, soit quasiment autant que la surface agricole de la Belgique.

Fyteko cible aussi des régions comme l’Ukraine, dont le climat continental n’est pas exempt de sécheresse sévère, l’Uruguay, le Chili, le Costa Rica, et bien sûr l’Afrique, où elle écoule déjà ses produits à petit échelle.

À plus long terme, Fyteko possède d’autres molécules dans son pipeline, notamment dans le domaine de la protection des plantes contre l’excès de sel.